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Ostéopathie et scoliose

Dernière mise à jour : 1 sept.

La scoliose est une pathologie de croissance. C'est une déformation de la colonne vertébrale dans les 3 dimensions.

Contrairement à l'attitude scoliotique, la scoliose est permanente.

Les causes d'apparition sont diverses (neurologiques, génétiques, environnementales, biomécaniques). Des études ont montré que la cause n'est jamais posturale et n'est donc pas le fruit d'une mauvaise posture ou d'une pratique sportive inadaptée.


Quelques explications :



Elle touche 2% à 4% des adolescents et touche principalement les filles (70% des scolioses de plus de 20 degrés d'angulation concernent les filles).

Plus elle est découverte tôt, plus l'évolution peut être maitrisée.

Notons que le risque d'avoir une scoliose est multiplié par 10 si un parent de premier degré a lui-même une scoliose.

Elle peut toucher une ou plusieurs courbures de la colonne (thoracique, thoraco-lombaire ou lombaire).



ll existe plusieurs types de scolioses :


- scoliose idiopathique de l'enfant et de l'adolescent (de cause inconnue)

- scoliose idiopathique de l'adulte : c'est l'évolution de la scoliose de l'enfant et de l'adolescent

- scoliose dégénérative de l'adulte (ou de Novo) : due à l'usure des disques intervertébraux et des vertèbres (par arthrose, ostéoporose, etc.)

- scoliose secondaire à des maladies neurologiques, une tumeur, etc. (s'installe plus tôt et est souvent de degré beaucoup plus importante que la scoliose idiopathique).


La scoliose idiopathique de l'enfant et de l'adolescent peut débuter à différentes moments :


- entre 3 et 7 ans = scoliose juvénile de type I

- entre 7 et 11 ans = scoliose juvénile de type II

- entre 11 ans et la fin de la puberté = scoliose juvénile de type III



Evolution et surveillance :


Plus elle débute tôt, plus elle risque de s'aggraver : 60 à 90% des scolioses "juvéniles de type I et II" (apparaissant avant 11 ans) sont évolutives (c'est à dire qu'elles ont plus de risque de continuer de s'aggraver).


Elles n'ont également pas le même risque évolutif selon le segment de la colonne qui est concerné : les scolioses thoraciques sont plus évolutives que les scolioses lombaires et dorso-lombaires.

En revanche, les scolioses lombaires sont plus évolutives à l'âge adulte, quand apparaissent les premières dégénérescences liées à l'âge (arthrose, pincements discaux etc ).


Un paramètre à surveiller est l'angle de Cobb (angle formé entre la tangente au plateau vertébral supérieure de la vertèbre limite supérieure avec la tangente au plateau vertébral inférieur de la vertèbre limite inférieur). Cette mesure permet de quantifier la scoliose et d'en surveiller l'évolution.

Au-delà de 30°, les scolioses sont toujours évolutives. Entre 20° et 30°, il faut faire régulièrement des images pour vérifier l'évolution (surtout si elle est détectée très tôt).


Il est important de surveiller la scoliose pendant la puberté (période où l'évolution des scolioses est la plus importante).




Comment la dépister ?


Observer votre enfant/adolescent de dos et regarder s'il y a :


- une épaule plus haute que l'autre


- une asymétrie sur la hauteur du bassin


- une gibbosité (ou bosse) d'un côté de la colonne: elle est liée à la déformation de la cage thoracique


- un écart entre le bras et le thorax plus important d'un côté


Au moindre doute, il convient d'en parler au médecin traitant de votre enfant afin qu'il fasse passer les examens radiologiques nécessaires.




Une scoliose non prise en charge peut entraîner des symptômes tels que :


- gêne respiratoire


- douleurs rachidiennes (bien que la douleur ne soit pas systématique)


- retentissement psychologique lié à l'aspect esthétique



85% à 90% des scolioses ne nécessitent pas de traitement orthopédique (port de corset ou chirurgie) et seul 1% des scolioses nécessitent une intervention chirurgicale. Mais une prise en charge en Ostéopathie et/ou kinésithérapie permet de ralentir son évolution et ses répercussions fonctionnelles.


Que fait l'Ostéopathe ?


L'Ostéopathe ne prétend pas corriger la scoliose mais peut permettre d'en ralentir l'évolution et de réduire l'intensité des symptômes associés. Il peut aussi travailler sur d'éventuels tensions plus anciennes qui agissent comme des facteurs aggravants (séquelles de plagiocéphalies, asymétrie de la mâchoire, etc).

Ses objectifs sont :


- de redonner de la mobilité aux articulations inter-vertébrales et costo-transversaires (articulation entre la vertèbre et les 2 côtes qui lui sont rattachées) : travail de la capsule articulaire, des ligaments et relâchement des muscles para-vertébraux.


- de redonner de l'amplitude à la cage thoracique (pour limiter les conséquences fonctionnelles respiratoires)


- de travailler sur les blocages/tensions qui accélèrent l'évolution de la scoliose (asymétrie de la mâchoire, antécédent de plagiocéphalie, etc.)


- de limiter les conséquences fonctionnelles à distance de la scoliose (le corps compense en permanence quand une zone est non fonctionnelle) . Par exemple, une épaule plus "abaissée" d'un côté va généralement être compensée par une inclinaison de la tête en sens opposée. Cela pourra entrainer maux de tête, douleurs cervicales, etc.


- d'accompagner la prise en charge orthopédique : limiter l'inconfort lié au port d'un corset, soulager les douleurs post-opératoires éventuelles, etc.

En parallèle, la kinésithérapie pourra également être intéressante pour augmenter le tonus musculaire des muscles profonds du dos (et donc limiter l'inflexion de la colonne), prendre conscience de petits ajustements à mettre en place (étirements réguliers, adaptations de certains gestes du quotidien, etc)