La scoliose

Qu'est-ce qu'une scoliose?

 

La scoliose est une déformation du rachis (ou colonne vertébrale) dans les 3 dimensions (inclinaison dans le plan frontal , rotation dans le plan horizontal et modification des courbures dans le plan sagittal).

Contrairement à l'attitude scoliotique, la scoliose est non réductible (c'est à dire qu'elle est indépendante de la position du sujet et sera toujours présente). 

Elle peut concerner un ou plusieurs segments de la colonne (scoliose en "C", en "C inversé", en "S" ou en "S inversé).

Elle touche 2 à 4% des adolescents et touche principalement les filles.

 

 

Il existe plusieurs types de scolioses

-scoliose idiopathique de l'enfant et de l'adolescent

-scoliose idiopathique de l'adulte: c'est l'évolution de la scoliose de l'enfant et de l'adolescent

-scoliose dégénérative de l'adulte (ou de Novo): dûe à la dégénérescence des disques intervertébraux et des vertèbres (par arthrose, ostéoporose etc.) liée à l'âge

-scoliose secondaire à des maladies neurologiques, une tumeur etc. (s'installe plus tôt et est souvent de degré beaucoup plus importante que la scoliose idiopathique).

La scoliose idiopathique de l'enfant et de l'adolescent peut débuter à différentes moments:  

-entre 3 et 7 ans= scoliose juvénile de type I

-entre 7 et 11 ans= scoliose juvénile de type II

-entre 11 ans et la fin de la puberté= scoliose juvénile de type III

 

Causes et évolution

 

Dans la plupart des cas, elle est dit e"idiopathique", c'est à dire qu'on n'en connait pas vraiment la cause. En fait, l'origine est souvent multi-factorielle (causes génétiques, biomécaniques et neurologiques).

Elle n'est pas lié à une mauvaise posture, un cartable trop lourd ou la pratique d'un sport asymétrique (bien que ces éléments puissent aggraver une scoliose déjà existante).

Plus elle débute tôt, plus elle risque de s'aggraver: 60 à 90% des scolioses "juvéniles de type I et II" (donc apparaissant avant 11 ans) sont évolutives (c'est à dire qu'elles ont plus de risque de continuer d'évoluer défavorablement).

 

Elles n'ont également pas le même risque évolutif selon le segment de la colonne qui est concerné: les scolioses thoraciques sont plus évolutives que les scolioses lombaires et dorso-lombaires. En revanche, les scolioses lombaires sont plus évolutives à l'âge adulte, quand apparaissent les premières dégénérescences liées à l'âge (arthrose, pincements discaux etc).

On mesure l'angle de Cobb (angle formé entre la tangente au plateau vertébral supérieure de la vertèbre limite supérieure avec la tangente au plateau vertébral inférieur de la vertèbre limite inférieur). Cette mesure permet de quantifier la scoliose et d'en surveiller l'évolution. 

Au-delà de 30°, elles sont toujours évolutives. Entre 20 et 30° , il faut faire régulièrement des radio pour vérifier l'évolution (surtout si elle est détectée très tôt).

Il est important de surveiller la scoliose pendant la puberté (période où l'évolution des scolioses est la plus importante).

 

Comment la dépister?

On peut observer son enfant et regarder s'il y a

-une épaule plus haute que l'autre

-une asymétrie du bassin

-une gibbosité (ou bosse) d'un côté de la colonne: elle est liée à la déformation de la cage thoracique (voir photo à droite)

-un écart entre le bras et le thorax plus important d'un côté

Au moindre doute, il convient d'en parler au médecin traitant de votre enfant afin qu'il fasse passer les examens radiologiques nécessaires.

 

Dépistage de la scoliose :Dépister tôt pour mieux soigner.

 

Quelle surveillance et quelle prise en charge?

 

Une scoliose non prise en charge peut entraîner des symptômes tels que

-gêne respiratoire

-douleurs rachidiennes (bien que la douleur ne soit pas systématique)

-retentissement psychologique lié à l'aspect esthétique 

En cas de doute, il faut en parler au médecin traitant de votre enfant/adolescent afin de faire un bilan complet radiologique qui précisera différents éléments nécessaires à une prise en charge adaptée: la localisation de la scoliose, la mesure de l'angle de Cobb, les éventuelles déformations sagittales associées (hyperlordose ou hypercyphose) etc. Selon la gravité de la scoliose, une radiographie de contrôle devra être effectuée 1 à 2 fois par an. 

85 à 90% des scolioses ne nécessitent pas de traitement orthopédique (port de corset ou chirurgie) et seul 1% des scolioses nécessitent une intervention chirurgicale.

 

Et l'Ostéopathie dans tout ça?

 

L'Ostéopathe ne prétend pas corriger la scoliose mais peut permettre d'en ralentir l'évolution et de réduire l'intensité des symptômes associés. Il peut aussi travailler sur d'éventuels tensions plus anciennes qui agissent comme des fracteurs aggravants (séquelles de plagiocéphalies, asymétrie de la machoire etc). 


Ses objectifs sont

-de redonner de la mobilité aux articulations inter-vertébrales et costo-transversaires (articulation entre la vertèbre et les côtes en rapport): travail de la capsule articulaire, des ligaments et des hypertonies des muscles para-vertébraux.

-de redonner de l'amplitude à la cage thoracique (pour limiter les conséquences fonctionnelles respiratoires)

-de travailler sur les blocages/tensions qui viennent potentiellement accélérer l'évolution de la scoliose (asymétrie de la machoire, antécédent de plagiocéphalie etc.)

-de limiter les conséquences fonctionnelles à distance de la scoliose (car le corps compense en permanence quand une zone est non fonctionnelle; par exemple, une épaule plus "abaissée" d'un côté va généralement être compensée par une inclinaison de la tête en sens opposée (pour que le regard reste à l'horizontal. A terme, cela peut entraîner des douleurs cervicales, des maux de tête etc)


En parallèle, la kinésithérapie pourra également être intéressante pour augmenter le tonus musculaire paravertébrale (et donc limiter l'inflexion de la colonne), faire des exercices d'étirements (que le patient pourra reproduire chez lui), corriger les mauvaises postures et apprendre à mieux supporter le corset.

 

 

Les chiffres présentés ci-dessus sont issues du livre "La scoliose: diagnostic et prise en charge. Une approche multidisciplinaire/6 ° journée du Rachis de Garches"